Communiquer autrement ...

La peinture et moi : naissance d’une passion

Publié: 10 septembre 2011,dans Blog

El Batoul BargachJe ne suis pas arrivée à la peinture par hasard, j’y suis depuis mon enfance. Ma passion a commencé par la cuisine et les travaux manuels. J’ai toujours occupé mon temps libre par des créations, des broderies du crochet et de la couture. A l’école primaire on nous poussait à fréquenter les « Nadis » sorte de club où les femmes et les jeunes filles de la médina pouvaient apprendre à coudre et à broder. Au collège les travaux manuels ont fait partie du programme officiel et les notes étaient comptées dans la moyenne générale à la fin de l’année. Ces cours m’ont permis de me perfectionner côté broderie et crochet. Les cours de cuisine m’ont fait découvrir la pâtisserie moderne et quelques notions concernant la décoration de la table. A la fin du premier cycle nous avons eu droit à un cours de dessin. Révélation et bonheur total tous les autres enseignements sont passés au second plan et toute mon énergie s’est orienté vers le dessin. Il faut dire que le professeur, était génial !

Le second cycle et le Bac ont eu raison de moi et j’ai mis l’art entre parenthèses. Il a fallu attendre que les enfants et les études supérieures me permettent de penser à l’art et de renouer avec ma passion des créations manuelles.

J’ai d’abord commencé par la peinture sur soie, très en vogue dans les années 80-90, et ensuite la peinture sur verre. C’est Madame Zakia BELKOURA qui m’a initiée avec beaucoup de gentillesse et de générosité. J’ai acquis le matériel et j’ai travaillé comme un forçat multipliant les expositions et les collections. J’ai ouvert un atelier et j’ai eu une dizaine d’élèves qui depuis sont devenues mes meilleures amies, jusqu’à aujourd’hui.

En 1998, je me suis inscrite au Centre Culturel Russe à Rabat. Le cours assuré par Madame Ludmina Jabbour, architecte de formation et de métier m’a enfin donné les outils techniques pour peindre comme j’en rêvais, l’aquarelle d’abord puis l’huile. Un nouvel univers s’est ouvert à moi  et depuis je ne cesse d’évoluer dans cet univers magique celui des couleurs et des matières. Après deux années de travail acharné avec Mme Jabbour et 3 expositions collectives  avec des dames qui sont restées aussi mes amies, et je peux dire qu’elles font partie de ma famille car je ne conçois pas ma vie sans elles. Nous partageons la même passion pour l’art.

L’an 2000 a été une révélation artistique, j’ai rencontré un artiste  professeur  de  calibre différent de Mme JABBOUR. Monsieur Abdesslam KARMADI, rencontré par hasard dans le Centre linguistique d’un ami Albain, AVEROES, a tout de suite attiré mon attention sur l’importance de la peinture à l’huile. J’ai donc  acquis le matériel et me suis plongée dans les toiles et les tubes avec plus de passion qu’avant. Il faut dire que je commencé à me lasser de l’aquarelle et les effets au couteau à l’huile me plaisaient beaucoup.  Depuis, je fréquente l’atelier de cet artiste aussi compétent que gentil. Nous avons organisé plusieurs expositions, des sorties et des rencontres entre élèves. Encore une fois les personnes rencontrées dans cet atelier sont devenues de bonnes amies, avec  lesquelles je partage des moments extraordinaires.  C’est à chaque fois un plaisir immense de les voir et de travailler avec elles autour de thèmes variés. Si Karmadi, oustade, comme j’aime l’appeler a su   canaliser l’anarchie que j’avais dans le pinceau et m’a appris à dompter mes envies pressantes de  terminer les tableaux dont je suis toujours fière. Il m’a appris à prendre du recul et à prendre le temps de regarder le modèle et à mieux concevoir la composition.

Mon travail s’est amélioré grâce à une troisième rencontre. Souad GURSSOUS  artiste et professeur a été une bonne rencontre vers la fin 2008. J’ai intégré son atelier au mois de Mai avec un groupe constitué depuis longtemps. Il m’a fallu donc  m’habituer à sa méthodologie, à l’ambiance du groupe et aux nouvelles techniques qu’elle m’a proposées. Mon initiation et mon intégration ont été faciles, professeur sympathique et des élèves super sympathiques. J’ai évolué dans cet atelier comme si je l’avais toujours fréquenté.

A Bordeaux, j’ai fait la connaissance d’un artiste extraordinaire, Emanuel BALLANGER. Je n’ai pu faire que quelques séances avec lui mais à chaque fois j’ai appris une nouvelle technique et une nouvelle manière de faire. Très généreux, il a su comment me donner les informations utiles en peu de temps.

C’est pareil pour un grand artiste marocain que je respecte beaucoup. Il est certain que j’ai très peu fréquenté son atelier mais si Said Kodaid est un bon professeur. Il suffit de voir ses toiles magnifiques pour savoir ce qu’on doit faire. Son art est libérateur car sa touche est aérienne et cela  me donne envie d’être amie avec mes pinceaux comme il l’est avec les siens. Il a une touche spéciale qu’on reconnaît facilement, et c’est la leçon que j’ai apprise de ce professeur doué. Travailler ce que je veux mais dans un style personnel, qu’il faudra trouver un jour mais je ne désespère pas !

Quand je pense à mon parcours artistique je me dis que la peinture me fait du bien, mais le plus important c’est que dans chaque étape j’ai pu me faire des amies et ce sont ces amies que j’ai jusqu’à maintenant. Au collège je me suis liée d’amitié, une amitié profonde, avec Khadija MAMOU. Elle est aujourd’hui ma couturière et l’une de mes meilleures amies. Mon amitié pour certaines femmes rencontrées dans les ateliers d’art dépasse les murs des ateliers. Elles font partie de ma famille.

Donc même dans ce monde que j’ai voulu différent de mon métier, d’enseignante, pour me reposer et déstresser je retrouve les valeurs que je passe mes journées à défendre en classe. La communication ça se pratique au quotidien, seulement on communique autrement, avec des couleurs, des matières et beaucoup de plaisir. Al hamdoulillah.