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PRESSE : Hommage aux femmes artistes-peintres !

Publié: 3 juin 2012,dans Blog, Slideshow

Entretien avec El Batoul Bargach, professeure de communication, artiste-peintre par Bouteina BENNANI

Le problème de l’identité est devenu monnaie courante ces dernières années au Maroc. Revenir aux sources, essayer de ne pas perdre les repères, les traditions et les coutumes ancestrales, tout porte à croire que tout marocain, digne de ce nom et qui se respecte, essaie par tous les moyens de garder ses repères, de préserver ses différenciations par rapport aux autres, dans un monde où la mondialisation fait parfois perdre le sens des valeurs ancestrales. Cette problématique est de plus en plus sur le terrain, marquée encore plus par les artistes, représentée dans leurs chefs d’oeuvre.

Entretien réalisé par Bouteina BENNANI

Le foulard élégance
Le Foulard Elégence

Sous le thème : « Couleurs de l’identité », s’est déroulé du 18 mai au 8 juin, une exposition collective au Centre de Documentation et d’Information Multimédia. Cinq artistes dont trois femmes et deux hommes, de métiers différents, médecins, professeur, juriste et juge, dont la profession ne les prédisposait aucunement à ce genre de dérivatif quotidien : Ali Bargach, El Batoul Bargach, Nouzha Jazouli, M’Hamed Jirari et Faouzia Nsiri. Une percée parallèle dans les arts plastiques, une sorte de défoulement au sérieux implacable, évoluant dans des thèmes innovants à chaque fois.

Dans un entretien avec l’une des artistes peintres, Mme El Batoul Bargach, Professeure de communication à l’Ecole Nationale de l’Industrie Minérale, elle dit s’être prise un peu tard à ce genre d’activité. Seulement, le don, l’amour de la peinture et la persévérance l’ont hissée au niveau des grands artistes peintres. El Batoul s’est formée dans divers ateliers marocains et étrangers et pu forger sa « personnalité » artistique tout doucement mais sûrement, surtout, après sa rencontre avec l’artiste et professeur Abdesslam KARMADI, lequel a, en quelque sorte, marqué et guidé ses orientations artistiques en l’an 2000, date de sa première exposition. Elle a ainsi acquis une finalité artistique au complet, au service surtout de la nature et du patrimoine marocain. Puisant dans les produits du terroir marocain, imbibée par les maisons de la médina où elle a passé sa tendre enfance, évoluant dans un monde où les produits des artisans marocains : les habits, les draps, les babouches, les « tarbouches » traditionnels, n’a pas de secret. Ayant flairé l’odeur du cuir, du tanin et de l’argile dès sa tendre enfance, passant devant les maallems artisans à longueurs de journées, une vision et des senteurs qui restent gravées dans la mémoire, voire dans la peau. Ces senteurs et images l’ont marquée à vie, et c’est ce qui parait à première vue dans ses oeuvres. Dans ses expositions, on retrouve toujours l’amour des produits de terroir. Chaque tableau a un sens et une histoire, c’est comme si elle fait de la promotion, à travers ses thématiques. Elle se ressource à chaque fois, dans ses thèmes : « Hommage à la forêt », « Le cheval », « Regard sur la femme », « Emotions maritimes », « Nouveaux pas », « Vents et marées », « Le désert », « Premières rencontres », « Transparence », « Cocktail de natures mortes», « Le terroir revisité », « Hommage à l’artisan », « Galets de chez nous », « Ma terre », « Femmes d’Essaouira »…,sillonnant à chaque fois des régions marocaines, à la recherche de cultures anciennes, puisant dans les profondeurs et les fins fonds des médinas marocains, mais tout en relevant ses chefs d’oeuvre avec un brin de modernité, plutôt structurelle. Maniant le pinceau au rythme de rêves, de vieux souvenirs, d’émotions, éparpillées, pèle mêle, des retrouvailles peintes sur des tableaux, relatant le passé vieux ou récent, une histoire restituée de la société, toujours à la quête de l’identité.

Le grand retour

Son violon d’Ingres est la peinture, à travers laquelle, elle rend hommage à l’artisan marocain, une représentation de tous les corps de métiers traditionnels. Pour cette exposition, on retrouve dans ses tableaux la porte ancestrale des maisons anciennes de la médina, les babouches traditionnelles marocaines que les hommes enlevaient et laissaient au palier, des habitudes qui n’existent plus, les bols au cade, le drap brodé accroché cachant la chambre à coucher, le grand pot (khabia) plein d’eau que les marocains avaient tendance à mettre devant la porte, signe de générosité des marocains, des images qui restent gravées dans nos mémoires, représentés avec un brin de modernité. La technique d’expression de Mme Bargach est souvent mixte, les objets sont présentés librement dans des environnements souvent inattendus, loin des normes et des conventions, n’ayant pour ressource que le plaisir de peindre. Ses oeuvres invitent au rêve et à la méditation, poussent au respect de notre patrimoine, à la beauté de nos vieux objets de décor, et de notre culture sans cesse envahie et sans cesse renouvelée.

Paru au journal L’Opinion du 2/6/2012

http://www.lopinion.ma/def.asp?codelangue=23&info=1089